L’énergie libre : mythe ou réalité ?

L’énergie libre serait une source illimitée et gratuitement disponible. Si, d’un point de vue économique et environnemental, le concept peut paraître séduisant, il va pourtant à l’encontre de plusieurs principes scientifiques de base. L’énergie libre reste donc aujourd’hui un fantasme.

Qu’est-ce que l’énergie libre ?

L’énergie libre repose sur l’idée que certains dispositifs rendraient possible la production d’énergie de manière gratuite et illimitée. Cette théorie, d’abord alimentée par le physicien Nikola Tesla dès le début du XXe siècle, se justifierait par l’existence de sources d’énergies non encore exploitées, auxquelles tout un chacun pourrait avoir un accès inépuisable.

Pourquoi certains croient à la théorie de l’énergie libre ?

La faculté de produire de l’énergie libre est une thèse particulièrement défendue sur Internet, notamment au sein des sphères conspirationnistes. Elle avance que plusieurs inventeurs auraient mis au point par le passé des dispositifs produisant de l’énergie infinie. Cependant, de telles inventions seraient inaccessibles au grand public, en raison de nombreux lobbys énergétiques parvenus, d’une manière ou d’une autre, à empêcher leur développement.

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L’énergie libre contre la thermodynamique

La majorité des dispositifs créateurs d’énergie libre se fondent sur un principe de base : celui du surnuméraire. Cela signifie que ces appareils seraient en mesure de fournir une énergie supérieure à celle qu’ils reçoivent. Mais cet argument contredit plusieurs règles fondamentales de la physique, notamment les lois de la thermodynamique.

La première de ces lois est celle de la conservation : l’énergie totale contenue dans un système reste la même, quelles que soient les transformations physiques subies par ce système. Par exemple, un moteur électrique alimenté en électricité ne pourra que fournir une énergie totale égale à l’énergie reçue.

La seconde de ces lois est celle de l’entropie : cette notion correspond au degré de désorganisation du système. Or, l’entropie globale augmente automatiquement lors de toute transformation d’un système thermodynamique, ce qui explique que cette dernière s’accompagne nécessairement de pertes. Dans le cas d’une transformation d’énergie par un moteur électrique, des pertes en chaleur et en friction sont forcément engendrées.

L’énergie libre dans les faits

Si la réduction ou la réutilisation des pertes énergétiques liées aux processus de transformation de l’énergie est l’objectif de nombreux travaux de recherche, particulièrement dans le domaine de l’industrie, aucun système actuel n’est encore parvenu à totalement supprimer de telles pertes.

De plus, dans l’hypothèse où un système à pertes quasiment nulles pourrait voir le jour, son utilisation pour une production d’énergie infinie serait toutefois impossible. Elle nécessiterait, en effet, de prélever l’énergie du système pour en faire usage, ce qui entraînerait inévitablement un épuisement en énergie.

Tous les travaux menés dans le sens d’une production d’énergie libre ont, par ailleurs, été démentis par des expériences scientifiques approfondies.